De la maison de nos rêves au projet final : les décisions prises petit à petit

Face aux choix de forme, de taille, de techniques, de quand et comment : il y a eu une période où on était tous les deux assez obnubilés. Andy se relevait la nuit pour faire des plans et des calculs de surfaces, je passais mes weekends à prendre des notes sur des ouvrages très techniques de construction en paille. Et puis au fur et à mesure on a trouvé les éléments qui nous convenaient. On a pris des décisions, les meilleurs possibles par rapport à notre contexte et nos envies. Il y a beaucoup de raisons pour que notre projet soit tel qu’il est.

Pourquoi construire plutôt que rénover ?

Quand on en était encore à la phase du rêve de maison, car oui on en rêvait depuis 4 ou 5 ans facile, on dessinait souvent des plans de maisons rondes ou octogonales. D’avoir testé de vivre en yourte, d’apprécier les formes organiques, ça nous donnait envie d’avoir un lieu de vie avec le moins d’ « angles droits » possible.
Dès le départ on savait aussi qu’on voulait une maison sobre en énergie, bioclimatique. Les maisons à restaurer ne sont souvent pas/peu isolées, ça encore ça peut s’arranger, mais elles sont aussi souvent mal exposées. Or les ouvertures au sud ce n’est pas seulement pour rendre la maison plus lumineuse mais aussi une source de chaleur en hiver. Bref rendre une ancienne maison efficace énergétiquement c’est fastidieux, et de ce fait, coûteux.
Dernière raison : on avait besoin de maîtriser notre budget. On n’est clairement pas les candidats idéaux pour les banques. Pas de carrières/postes stables, ce qui déjà ne coche pas les cases. Donc on aurait eu du mal à avoir un crédit pour acheter une maison à retaper. Ensuite l’accord de prêts pour de l’auto-constructions est une exception (de plus en plus rare selon les témoignages). Donc la seule solution pour ne pas avoir à attendre encore des années en mettant de côté : construire nous-même et petit pour rester dans notre budget.

Pourquoi la paille ?

Parmi les matériaux écologiques aucun n’est aussi local, sans transformation et efficace que la paille. Les bottes de pailles ont plus de 100ans d’utilisation comme isolant en France. Et la paille est utilisé depuis longtemps sous forme de torchis. Ça permet donc d’isoler très efficacement, à faible coût et sans trop d’énergie grise (la consommation de CO2 que nécessite la production d’un objet et son acheminement)

Pourquoi cette technique de CST en particulier ?

Dans l’isolation paille les techniques sont variées et ont toutes leurs propres avantages. Nos critères étaient : l’efficacité de l’isolation, le fait de pouvoir le faire en auto-construction, le fait d’avoir le moins possible d’impact sur l’environnement. On prenait aussi le probable coût de construction (si la technique nécessite par exemple du matériel coûteux pour la pause)
On était tout d’abord très intéressés par la technique de la paille porteuse. Cela ne nécessitait pas de structure bois (structure poteau poutre). Je m’étais procuré des livres sur le sujet. J’ai passé une partie de l’hiver 2019-2020 à creuser le sujet, du sol au plafond en passant par les possibilités de protéger la paille des intempéries en attendant que le toit soit posé.
Conclusion : méthode intéressante, mais qu’il vaut mieux avoir déjà pratiqué avant de se lancer, ou alors prévoir de se faire accompagner. De plus j’ai aussi constaté que cette méthode nécessite quand même pas mal de bois, au niveau des ouvertures portes et fenêtres et pour la lisse haute qui est en elle-même un beau morceau. Donc ce n’était pas si économe que ça en bois.
La Cellule sous tension: Au final c’est la méthode la plus éco-friendly que j’ai trouvé. Et elle est pensée dans son ensemble.
En faisant appel à la capacité isolante ET structurante de la botte de paille on réduit les sections de bois utilisés pour la structure porteuse. Le contreventement est assuré par des enduits terre intérieur et extérieur= moindre impact avec de la terre locale, tout en assurant la solidité de l’ensemble. Sans compter les propriétés de régulation de l’humidité de la terre (hygrométrie) et la masse thermique intérieur que ça apporte (permettant un déphasage des écarts de température : ça stock la chaleur en journée et la restitue la nuit et inversement en été)

Pourquoi ce design ?

La forme hexagonale permet un contreventement naturel, ce qui réduit aussi la pression sur la structure et donc la rend plus efficace avec des montants en bois moins épais. Ça donne une maison plus solide naturellement.
Même une fois décidé le principe du Flexagone on a passé des heures à refaire les plans, à tourner la maison dans tous les sens, à hésiter sur l’emplacement des fenêtres etc. A cette période-là on a bénéficié d’une rencontre avec une architecte du CAUE local (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement : service gratuit et accessible partout en France) qui nous a permis d’avoir un regard avisé sur le premier jet des deux hexagones et répondre à certaines de nos questions techniques.
On hésitait pas mal à réduire l’empreinte au sol en construisant avec un étage mais le PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) imposait un toit avec 30° de pente. En en discutant avec Matthieu (qui encadrera nos chantier) nous avons choisi de construire en plein pied pour éviter de monter la faîtière trop en hauteur, critère important quand ce ne sont pas des pros qui bossent sur le toit !
On hésitait aussi sur la superficie de notre projet. Au final on a décidé de commencer avec 50m² et de placer la maison et les ouvertures de telle sorte que l’on puisse construire une extension par la suite.
Le dernier dilemme qui nous restait était sur la vue depuis les ouvertures. Pour avoir une vue panoramique du terrain et sans vis-à-vis nous aurions dû retourner la maison dans l’autre sens, plein Nord. Or nous avons finalement placé les baies-vitrées bien au sud, côté rue donc. C’est un compromis avec nous même : faire l’inverse aurait été moins confortable au niveau thermique. Il est donc prévu à terme de faire de l’espace devant de la maison un jardin luxuriant, avec des arbres/ buissons brisant les vis-à-vis mais n’empêchant pas le soleil au Sud de pénétrer.

Pourquoi en auto-construction ?

Faire soi-même c’est d’abord pour l’autonomie, réapprendre des gestes, et aussi pouvoir entretenir et réparer sa maison sans y laisser à chaque fois un bras. C’est donc des économies à la construction et à l’entretien.
En plus prendre le temps de le faire, et pendant ce temps-là ne pas pouvoir travailler avec salaire, c’était pour nous un avantage, pas un sacrifice. Ça permet pendant des mois de découvrir autre chose. C’est sûr que pendant ce temps-là on ne gagne pas d’argent. Mais au final ça nous permet de construire la maison sans prêts, et ça, ça n’a pas de prix 😉

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